Zenride : la start-up lève des millions d’euros pour convertir le CAC 40 au vélo

Proposant aux entreprises de louer des vélos de fonction à leurs salariés, la start-up Zenride vient de collecter 8 millions d’euros, avec l’idée de s’implanter encore plus fortement dans les très grandes entreprises.

un portrait de olivier issaly CEO de la start-up zenride
Selon Olivier Issaly, Zenride espère déployer environ 6000 vélos de fonction cette année.(DR)

Remplacer les "voitures de fonction", par des "vélos de fonction". Utopique ? Non ! En tout cas, c’est le pari - bien engagé - de la start-up Zenride. La société parisienne vient de lever 8 millions d’euros auprès des fonds d’investissement RATP Capital Innovation et Alter Equity. Objectif : financer la croissance exponentielle de cette société qui transforme le "vélotaf" en business qui roule. Grâce à un concept extrêmement efficace : un salarié cofinance avec son employeur la location d’un vélo (électrique ou non). Il dispose ainsi - contre une petite trentaine d’euros environ chaque mois pour un VAE - d’une monture de qualité pour se rendre au boulot. Le point sur ce modèle économique avec Olivier Issaly, le CEO (dirigeant) de l'entreprise.

Picala - Vous avez été les pionniers sur le marché du vélo de fonction en France. Comment fonctionne votre offre ?
OLIVIER ISSALY. Nous voulons contribuer à l’essor du vélo et nous sommes convaincus que les entreprises vont jouer un rôle majeur dans ce déploiement. Notre ambition, c’est de faire en sorte que les sociétés aient de 15 à 20 % de leurs salariés qui utilisent le vélo quotidiennement. Pour que les salariés acceptent de changer leur mode de déplacement au quotidien, nous nous sommes rendus compte qu’ils avaient besoin d’une offre de location de vélos de qualité, complétée par des équipements et services rassurants, comme une assurance casse et vol, l’assistance incluant un remorquage en cas de problème ou, entre autres, l’entretien et la révision des cycles. C’est ce que propose Zenride : une location de longue durée de 36 mois prise en charge par l’entreprise, généralement à hauteur de 70 %. Les 30 % restants sont payés par le salarié, c’est une ligne qui apparaît sur sa fiche de paie.

Quels sont les modèles de vélos proposés aux salariés ?
Les collaborateurs ont accès à toutes les marques et tous les modèles du marché ! Pour choisir son vélo, le salarié se rend dans l'un de nos 250 magasins partenaires. Il choisit librement son modèle tant que celui-ci ne dépasse pas un budget maximum défini par son employeur. Par exemple, chez Saint-Gobain, c’est 2500 euros.

Et quels types de vélos choisissent-ils ?
Nous louons à 80 % des vélos à assistance électrique. Nous disposons d’un parc d’environ 1500 vélos actuellement. Mais il se développe continuellement. En 2021, on a déployé 1000 vélos. Et, sur l’année 2022, nous nous sommes donné l’objectif de multiplier ce nombre par six.

Qui utilise vos vélos ? De jeunes cadres urbains de start-ups parisiennes ?
Non, la moyenne d’âge de nos cyclistes est de 42 ans. Nous avons plus de soixante clients qui représentent plus de 150 entités et filiales. Nous travaillons en effet avec beaucoup de grands comptes comme Accor, Saint-Gobain ou Axa. Nos clients ne réservent généralement pas cette offre aux cadres mais l’ouvrent à tous leurs salariés, peu importe leur fonction. Nos vélos sont donc utilisés partout dans le pays. L’Ile-de-France représente moins de la moitié de notre parc. D’ailleurs, nous nous développons de plus en plus en région et surtout dans les zones où il n’y a pas d’offre de mobilité, comme par exemple à proximité des sites industriels. Notre force c’est d’avoir un réseau de magasins partenaires. Ils connaissent bien les utilisateurs sur leurs zones de chalandises. Notre offre s’adapte du coup bien aux demandes locales. Parce que les salariés en région et ceux d’Ile-de-France, n’ont pas les mêmes besoins de vélos. Par exemple, à Chambéry, les salariés demandent plus de VTC ou VTT que de vélos de ville.

Quels sont vos objectifs commerciaux ?
Nous levons 8 millions d’euros auprès de nos investisseurs de départ mais aussi de RATP Capital Innovation et d’Alter Equity. Cet argent va servir à renforcer nos fonds propres mais aussi à recruter sur les fonctions techniques, marketing et surtout commerciales. Car nous souhaitons continuer à nous déployer dans les grands groupes, nous voulons planter le drapeau de Zenride dans toutes les entreprises du CAC 40 et du SBF 120.

Avez-vous senti un intérêt plus prononcé ces dernières semaines pour votre service lié à la hausse du prix de l’essence ?
Effectivement, on a eu beaucoup de contacts. Les entreprises nous disent : nous sortons des négociations annuelles et les sujets de pouvoirs d’achat, d’inflations sont très présents. Elles sont donc à la recherche de solutions pour leurs salariés. Or, le vélo peut remplacer pas mal de trajets de courtes distances effectués en voiture et se traduire rapidement par des économies.

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